Les Afghans
La communauté hors jeu

Un article de Thomas Epitaux-Fallot, Antoine Harari et Elisa Perrigueur

Sur la totalité des migrants arrivés en Grèce, les Afghans constituent la deuxième nationalité. Leur pays n‘est pas inscrit dans la liste des «éligibles» à la relocalisation. Pas automatiquement protégés par les conventions de Genève, absents de l’accord UE-Turquie, leur marge de manœuvre est quasi inexistante. Leurs options sont les suivantes: patienter en Grèce, forcer le passage au nord, faire marche arrière.

Elisa Perrigueur, Antoine Harari (Texte)
  •   Thomas Epitaux-Fallot (Texte/images)
  •   Athènes - Grèce

La nuit tombe à Athènes quelque part entre les places Victoria et Omonia. Deux jeunes hommes marchent sans se presser. C’est la dernière fois qu’ils arpentent ensemble ces trottoirs usés. Demain, Farhad, 19 ans, rentre à Kaboul. Son aventure s’arrête là, il n’y croit plus. Ahmad, 23 ans, son compagnon de route, lui remet quelques cadeaux pour sa famille restée en Afghanistan. Une montre, des parfums, un peu de rêve en toc.

Plus loin, un troisième homme les interpelle. C’est Arshad, 20 ans, un ami qui avait disparu de la circulation. Les deux dernières semaines, ce jeune Afghan les a passées en prison. Contrôlé alors que son permis de séjour n’était plus valable, il a été relâché aussi subitement qu’il avait été arrêté.

Si ce soir, les chemins de ces trois migrants se sépareront, jusqu’ici, leur route était commune. Fuyant la guerre des talibans, ils étaient venus chercher la paix en Europe. Arrivés quelques jours trop tard, ils ont vu leur rêve s’effondrer lorsque la route des Balkans s’est fermée. Piégés dans la capitale grecque, matin, midi et soir, ils se sont répétés leurs options. Rentrer, rester, continuer. Après quarante jours d’errance, personne n’a pris la même décision. Farhad repart auprès des siens, à Kaboul. Arshad s’en va vers le nord de la Grèce avec un passeur. Ahmad enfin, reste à Athènes, dans l’incertitude.

Ahmad, dans le piège athénien

Sa première désillusion, Ahmad l’a vécue à Samos. Après la périlleuse traversée en bateau, sur un canot pneumatique, il avait «enfin» les pieds en Europe, terre de paix. Mais lui et ses trois sœurs qui l’accompagnent apprennent que la frontière macédonienne est fermée. «On était persuadés que d’être arrivés ici en Grèce, c’était comme avoir atteint la destination finale. Personne ne peut s’imaginer notre désillusion. Un mélange de tristesse et de colère», se souvient le jeune afghan.

Une détresse qui, dès lors, ne le quittera plus. Car l’avancée d’Ahmad en Grèce est rythmée par ses déceptions. D’abord l’arrivée à la place Victoria, au centre d’Athènes. «Tous les Afghans connaissent cette place. Par bouche à oreille, on m’a dit «ne va pas dans les camps, viens dans ce grand parc, tout le monde s’y retrouve, tu trouveras des informations pour la suite du voyage».

Naïvement, le jeune homme s’attendait à une place verdoyante et joyeuse. Il a trouvé cet espace bétonné où les silhouettes zonent entre deux palmiers décrépits. C’est là qu’il erre, entre les cafés, où les serveuses au nombril à l’air s’activent sur de la musique pop, et les immeubles grisâtres. Au coin des rues, chez le barbier, au supermarché le prix des marchandises est aussi affiché en dari (ndlr: le dari est une variété du persan parlée en Afghanistan). Ahmad marche beaucoup. C’est sa principale occupation. Une errance obsédante, tête baissée, sourcils froncés, lors de laquelle se mêlent des sentiments confus. «Aujourd’hui, je suis perdu, je ne sais pas ce que je dois faire : partir, rester ou attendre l’ouverture de la frontière», s’interroge-t-il.

Ahmad loge avec sept autres Afghans, dans une même pièce. Le propriétaire de l’appartement, un binational gréco-afghan, est arrivé en Grèce lors d’une précédente vague de migration. Il connaît parfaitement la situation de cette communauté, son profil et ses besoins. Bon nombre d’entre eux ont un certain pouvoir d’achat. Ceux qui peuvent se le permettre donc, préfèrent louer clandestinement des appartements. Avec une capacité d’accueil de seize personnes, le propriétaire peut encaisser jusqu’à quatre-vingts euros la nuit, soit 2400 euros par mois. De plus, pour se doucher, les locataires doivent payer trois euros supplémentaires et les lessives sont limitées. «C’est très dur d’attendre dans ces conditions, pour rien. On ne sait pas ce qu’il va se passer demain. On a l’impression de perdre son temps. On a peur de faire le mauvais choix. Maintenant, même quand je commande un café, j’ai peur de faire le mauvais choix!», raconte Ahmad mi-amusé, mi-affolé. Des décisions d’autant plus difficiles, qu’il n’est pas seul. «J’ai une responsabilité, je dois décider pour mes trois sœurs. Nous avons dépensé la majorité de nos réserves dans ce voyage depuis que nous sommes partis il y a quatre mois. Aujourd’hui, il ne nous reste que 2000 dollars, contre 40 000 dollars au départ. Ça me rend fou de penser à ce qu’il arrivera quand je n’aurai plus rien».

Discuter avec Ahmad, c’est avoir la certitude d’entendre une phrase qu’il répète ironiquement et de manière quasi obsessionnelle: «My country is a safe country, right?» («Mon pays est un pays sûr, hein?»). Cette phrase, il l’a entendue lorsqu’on lui a expliqué que l’Afghanistan n’était pas sur la liste des pays éligibles à la relocalisation. Pour nous prouver le contraire, il exhibe son portable et fait nerveusement défiler sur Facebook les vidéos d’une explosion des talibans. «My country is a safe country?». Il montre des photos de lapidation de femmes par les terroristes. «My country is a safe country?». Il arbore les images d’un interprète torturé par les fondamentalistes. La liste est sans fin.

Comme une grande partie des Afghans bloqués en Grèce, Ahmad assure avoir travaillé pour l’armée américaine à Kandahar, sa ville natale. Intermédiaire, il organisait les rencontres entre les officiels locaux et les GI (ndlr: soldats américains). Sur son smartphone, il exhibe une lettre signée, d’après lui, du Vice-président afghan. «Ce document assure que ma vie est en danger là-bas, c’est une preuve. Même vous occidentaux vous n’osez pas vous y rendre. Là-bas, si tu n’es pas avec eux, tu es contre eux». A Athènes, l’ambassade américaine lui a dit qu’elle ne pouvait rien pour lui. Mais pour lui, rentrer n’est pas une option. «Le retour au pays, c’est la mort. Car il n’y a que deux types de destinées, tuer ou mourir».

Farhad, le retour vers la guerre.

Farhad a un tatouage sur le poignet gauche. Une couronne avec l’inscription «King». Un dragon recouvre aussi une autre partie de son bras. «Ils seront mes souvenirs de ce voyage de l’Afghanistan vers la Grèce. Je ne risque pas de l’oublier.» Ces tatouages au henné sont éphémères. «Ils restent six mois environ.» Car le jeune homme de 19 ans sait qu’à Kaboul, il n’aura plus le droit de les exhiber fièrement, comme il le fait, ce soir-là, dans un café de la place Exarcheia.

A Kaboul, les talibans, fondamentalistes, guettent et veulent appliquer la charia. Moins d’une semaine plus tôt, un attentat à la voiture piégée a fait 30 morts et 300 blessés, selon un bilan officiel. Un carnage qui signe «l’offensive de printemps» des terroristes. Enfoncé dans sa chaise en plein cœur du bastion des anarchistes à Athènes, Farhad fait défiler sur son téléphone des images du carnage. Il se redresse, s’avance et nous montre une caricature d’un journal afghan qui circule sur les réseaux sociaux au sein de la communauté afghane. Un Afghan, à terre, visé par deux Kalachnikov, tend les bras à la communauté internationale, dans une mare de sang. Les dirigeants européens et américains, indifférents, regardent dans une autre direction.

A la vision de cette caricature, la discussion s’engage en dari entre Farhad et Ahmad. Après quelques minutes d’un échange intense, le second résume la conversation en anglais: «Selon nous, le bilan des autorités est un mensonge. Au moins 500 personnes ont perdu la vie dans cette explosion. Les autorités tentent de faire croire au reste du monde que notre pays est sûr. Mais lorsque notre président sort dans son quartier, il est accompagné d’une armée de gardes du corps. Dans ces conditions, forcément qu’il est en sécurité!» Selon les deux jeunes Afghans, l’attention médiatique est tellement portée sur la guerre en Syrie et en Irak que personne n’a réellement conscience de la situation chez eux.

En dépit du pouvoir d’achat important de sa famille restée à Kaboul, Farhad raconte qu'il fallait fuir. Aller en Allemagne et faire une carrière là-bas. Mais le voyage vers l’Europe s’est arrêté en Grèce. «Je pensais que la frontière avec la Macédoine était ouverte». Au final, c’est l’attente à Athènes, avec pour seul oxygène l’espoir que la frontière rouvre. Mais elle reste fermée, obstinément. «J’ai toléré de vivre dans un appartement avec une dizaine d’autres personnes, j’ai passé par plusieurs camps. J’ai attendu trop longtemps», répète Farhad.

En avril, un événement avait particulièrement découragé la communauté afghane et les migrants en général. A Idomeni, ville frontière avec la Macédoine, une centaine de réfugiés a tenté de forcer le passage. En face, la police macédonienne les a repoussés à coup de balles en caoutchouc et gaz lacrymogène. «Je ne pensais pas qu’ils iraient si loin. Ce jour-là, j’ai compris leur détermination. Cette frontière, ils ne l’ouvriront jamais». Pour sortir du piège athénien, la seule option reste alors les passeurs. Un dilemne pour cet Afghan. Il a déjà perdu 30 000 dollars pour payer son voyage et celui de sa sœur. «Après la traversée en mer Egée, je ne voulais plus prendre le risque de partir avec des trafiquants, de me faire battre, de me faire lyncher. C’est une question de dignité personnelle».

Farhad opte donc pour la solution que d’autres redoutent: le retour au pays. «Après avoir longtemps réfléchi, malgré les risques pour venir, j’ai finalement pris cette décision. Au moins je serai avec ma famille.» L’Afghan, qui n’avait plus de passeport, s’est donc adressé à l’office international des migrations à Athènes pour faire une demande de retour. L’OIM a ensuite transmis sa demande à l’ambassade d’Afghanistan en Bulgarie puisqu’il n’existe pas de représentation à Athènes. Après avoir vérifié son identité, une quinzaine de jours plus tard, les autorités lui ont organisé le trajet de retour et payé le billet d’avion. Sur ce vol, une vingtaine d’autres Afghans ont fait le même choix. Pour les reconnaître dans la foule, l’organisation internationale leur avait donné un sac vide en tissu estampillé OIM. Sous les colonnes blanches, à l’entrée de l’aéroport, on pourrait croire que la petite troupe rentre d’une course d’école. Ils n’ont pas de bagages, repartent presque les mains vides. En 2016, d’après les chiffres fournis par l’organisme basé à Athènes, 984 Afghans ont déjà demandé leur rapatriement.

Farhad est donc l’un d’entre eux. Et sous un soleil de printemps, il arbore un style décontracté. Cheveux en brosse, chemisette bordeaux et jean troué. Ses joues rondes et rieuses cachent pourtant une certaine angoisse. L’Afghan s’apprête à rentrer dans l’aéroport. Dans une dizaine d’heures, il retrouvera sa famille à Kaboul. Kaboul, cette ville dont il nous avait montré les stigmates sur son portable. Fils d’un politicien réputé et même «ami avec le fils du commandant Massoud», le jeune homme retrouvera les beaux quartiers de la capitale. La chambre qui l’attend est spacieuse. Autour de sa maison, il y a de grands murs. Et tout autour, des gardiens 24h/24. «J’ai peur, disait-il malgré tout. Je vais devoir affronter la situation là-bas, les menaces des talibans. Essayer de ne pas me terrer dans ma chambre. Je vais le faire. Mais même si je suis fier de mon père, je ne ferai pas de politique. C’est trop dangereux.»

Arshad, plein nord

Cheveux gominés sur le crâne et rasés sur les côtés, jean clair et baskets, Arshad pourrait faire la une d’un magazine de mode. Sur son compte Facebook, certaines photos qu’il poste de son parcours atteignent jusqu’à 600 likes. Au fil du temps, Arshad a appris à marcher en scrutant son téléphone, accessoire indispensable de son périple. «Ils vont m’appeler ce soir. Le game va commencer», dit-il les yeux fixés sur son iPhone. Dans le lexique propre à l’univers de la migration clandestine, les «gamers» sont des passeurs. Et le «game», l’itinéraire qu’ils proposent. Ce sont souvent d’anciens migrants qui rôdent autour des places Victoria et Omonia. Ils en connaissent les petites ruelles parallèles, les halls d’immeubles abandonnés. Sous le manteau, pas de montre ou de téléphone volé. Juste des routes. «Pour rejoindre la Macédoine, il existe différents itinéraires à pied, 10 heures de marche, cela coûtera 2000 euros, 5 heures, 2500 euros, 1 heure, 3000 euros. Plus tu marches moins tu paies», raconte le jeune homme, visiblement excité.

Les Afghans racontent en détail la procédure du «game». D’abord, les négociations. Le passeur demande où la personne souhaite se rendre et on détermine le prix. Ensuite, le dépôt. En plus du migrant et du passeur, une troisième personne entre en jeu: le garant. Le migrant dépose l’argent dans un lieu ou commerce autour de Victoria. A l’angle des rues Cheiden et Aristotelous, Arshad rentre chez un barbier. Dans cet espace confiné, deux clients sont en train de se faire tailler la barbe. Au fond à gauche, derrière le bureau de réception, un homme range de la paperasse. Rien d’anormal. Arshad engage la conversation en Dari. Après quelques minutes d’un échange formel, Arshad récupère un bout de papier blanc sur lequel sont inscrits des initiales et un code à plusieurs chiffres. Un bout de papier à 3'000 euros. En sortant de chez le barbier, le jeune Afghan s’empresse de le photographier. Une fois à destination, Arshad appellera le garant pour lui communiquer le code, qui à son tour libérera l’argent pour le passeur. Au passage, le barbier touchera une commission.

Nous sommes samedi soir à Athènes, quelque part entre les places Victoria et Omonia. Ahmad, Farhad et Arshad se prennent dans les bras. Les adieux sont rapides. Chacun doit reprendre son chemin. Dans le cas d’Arshad, l’itinéraire n’est pas très clair.

«Les passeurs ne m’ont pas précisé le trajet.» Mais ce soir, tout ce qu’il a en tête c’est de quitter ce trou. Quitter cette entrée de métro. Quitter cette statue de Thésée, qui se dresse fièrement au milieu de la place et qui le regarde de haut. Quitter cette place dont le nom, «Victoria», sonne faux. Quand ils posent un pied en Grèce, les Afghans reçoivent un document qui leur donne un mois pour quitter le pays, non renouvelable. C’est six fois moins que les Syriens. Arrivé en Grèce en février, il s’est fait arrêter par les «Deltas», policiers à moto, deux semaines avant son départ. Sans autorisation de séjour valable, il a passé quinze jours en prison. Dans sa cellule, un sentiment d’injustice chevillé au corps, Arshad s’est forgé une conviction: il faut continuer d’avancer. «Je pars vers le nord, traverser les montagnes».

Le matin suivant, Arshad monte dans un van avec une dizaine d’autres personnes. Ils sont conduits à Thessalonique, au nord de la Grèce. Ils attendent quelques heures dans la deuxième plus grande ville du pays avant de reprendre la route. Si personne ne sait exactement où il va, personne ne s’étonne non plus de sortir des sentiers battus. Les derniers kilomètres sont parcourus à pied. «Je ne peux pas dire où nous étions exactement. On était au milieu d’une forêt», se rappelle Arshad. Le jeune Afghan l’appelle le «spot». Lui et sa dizaine de compagnons passent deux nuits «au spot» à dormir sur le sol. Les deux passeurs qui les surveillent, arme à la ceinture, interdisent l’utilisation des téléphones. Fumer aussi n’est pas permis, de peur de se faire repérer. Finalement, la troisième nuit est la bonne. «Ils nous on dit «C’est bon, on peut y aller». Il y avait deux grillages à passer. Les passeurs les ont soulevés.» A une minute d’intervalle, les migrants s’engouffrent dans la brèche. Arshad n’est plus en Grèce.

Les Afghans, deuxième communauté à immigrer en Europe

Les migrants afghans constituent la deuxième communauté de migrants arrivés en Europe depuis 2015, après les Syriens. En 2016, 26% des personnes arrivées par la mer en Grèce sont issues de ce pays, selon une étude de l’UNHCR. 34% sont des hommes, 22% des femmes et 45% sont mineurs. 80% disent avoir migré en raison des violences et de la guerre. Une grande partie sont originaires de la région d’Erat (14%) ou de Kaboul (18%).

Leur voyage de l’Afghanistan vers la Grèce est en moyenne de 48 jours. Leur activité principale dans leur pays d’origine est l’industrie du bâtiment ou l’agriculture. Depuis la fermeture des frontières dans les Balkans, pour régulariser leur situation, les afghans doivent procéder à une demande d’asile en Grèce. L’administration est débordée et la mise en place d’un service d’interview par Skype est complètement inefficace. La procédure de demande d’asile peut prendre plusieurs mois, voir des années en fonction des cas.

Si certaines communautés font partie d’un système de relocalisation vers les pays d’Europe, les afghans n’y prennent pas part. Seuls les Syriens, Erythréens, Irakiens peuvent en profiter. Les critères de relocalisation sont en effet précis: «Sont transférées les nationalités dont le taux de reconnaissance d'une protection internationale moyen à l'échelle de l'Union européenne atteint au moins 75%», précise un rapport du Sénat français. Ce qui n’est pas le cas des Afghans. Leur unique option est alors de rester en Grèce.  

Les Afghans mettent le cap sur la Suisse

En 2015, Berne a enregistré 39 523 demandes d’asile contre 23 765 l’année précédente, d’après le Secrétariat d’Etat aux migrations. Les deux nationalités les plus représentées sont les Erythréens, suivis par les Afghans. Alors que les demandes des premiers ont baissé l’année précédente, celles des seconds ont progressé. Un phénomène qui s’explique par la politique migratoire de l’Allemagne. En effet, selon le SEM, la procédure d’asile pour les Afghans est sans fin dans ce pays voisin, où les arrivées sont nombreuses.

Les Afghans se reportent donc sur la Suisse moins encombrée. Le pays compte quelque 3500 Afghans naturalisés, une diaspora qui joue également dans l’attrait des nouveaux migrants pour la Confédération helvétique.