Covid-19: la course à la vaccination

Les données sur la pandémie décryptées en infographies

Plus de 2,2 milliards de doses de vaccins contre le coronavirus ont été administrées dans le monde. Une donnée qui a elle seule montre l’ampleur de la campagne de vaccination, du moins dans les pays développés. Les Etats-Unis, l'Union européenne, Israël et la Chine ont mutiplié les commandes de doses et ouvert des «vaccinodromes» pour prendre en charge une part toujours plus grande de la population. Il en va tout autrement dans les pays en voie de développement, qui n'ont pas accès aux doses. Les personnes vivant sur le continent africain ne représentent que 2% des vaccinés dans le monde, selon l'Organisation mondiale de la Santé.

En Suisse, la vaccination va à bon train, même si le rythme est plus lent que celui de ses voisins, notamment parce que le vaccin développé par AstraZeneca n'a pas encore été autorisé. Berne mise beaucoup sur ces vaccins, «notre principal atout pour sortir de la crise», a récemment affirmé Alain Berset. Mais la vaccination réduit-elle la circulation du virus? L’enjeu n’est pas seulement sanitaire, il est également économique, politique et social. Toujours plus de citoyens expriment leur ras-le-bol face aux restrictions sanitaires. Voici une série d'infographies pour prendre la mesure du défi qui se présente aux Etats.

Mode d'actualisation

Les chiffres de cette page sont mis à jour manuellement en fonction du rythme de publication des données par les autorités compétentes.

Dernière mise à jour: 17 juin 2021

Etat de la vaccination dans le monde

Après une année de recherche effrénée sur plus de 230 vaccins candidats, sept vaccins contre le coronavirus sont désormais utilisés dans au moins un pays. Israël a été le pays le plus rapide à procéder à des injections. Plus de la moitié de sa population a déjà reçu au moins une dose de vaccin (environ 61%). Ce chiffre va bientôt atteindre les 50% en Grande-Bretagne. Aux Etats-Unis, un tiers des habitants ont reçu cette première injection, beaucoup plus qu'en Suisse, où près de 13% de la population a reçu une première injection.

Des disparités entre pays

En Suisse

Part de la population vaccinée dans les cantons

Part de la population suisse vaccinée

Cette vue d'ensemble sur la vaccination, qui montre la faible part de personnes vaccinées au niveau national, masque la progression de la campagne pour les populations dites vulnérables. Les données par tranches d'âge permettent une lecture plus fine de la situation. Plus de 70% des personnes âgées de 80 ans et plus ont reçu au moins une dose. Pour la tranche de 70 à 79 ans, le taux de vaccination (au moins une injection) passe à environ 52%.

Vaccination par tranche d'âge

A partir de quel moment va-t-on ressentir les effets de la vaccination? En Suisse, c'est déjà le cas, a affirmé le Conseil fédéral, constatant une baisse des hospitalisations chez les plus de 80 ans. Mais la moyenne d'âge dans les services de soins intensifs baisse en Suisse comme aux Etats-Unis, du fait notamment du variant B.1.1.7, plus contagieux et plus agressif y compris chez les moins de 60 ans. Les vaccins n'empêchent cependant pas d'être infecté par le covid: avec les ARN-messagers de Pfizer et Moderna, le risque est réduit de 90% après la deuxième injection, selon une étude parue dans le New England Journal of Medicine. Et donc, ils n'empêchent pas non plus totalement la transmission du virus, qui serait bloquée à 90%, bien que ce chiffre ne soit qu'une estimation.

Nombre d'hospitalisations par semaine, selon l'âge

Selon plusieurs recherches parues sur le sujet, une immunité de groupe pourrait être atteinte si 60 à 70% de la population a été infecté par le Covid, ou a été vacciné. Or, affirment plusieurs études parues dans la revue Nature, croire à cette immunité de groupe semble naïf, car elle ne sera probablement jamais atteinte à l'échelle mondiale. D'abord parce que celle-ci ne dure qu'un temps, et ensuite à cause des mutations - le port brésilien de Manaus, en Amazonie, avait atteint cette immunité, avant d'être frappé une deuxième fois par des formes plus sévères du virus.

Un monde verrouillé

Couvre-feu, fermeture des restaurants, télétravail obligatoire, interdiction des rassemblements: les restrictions sanitaires continuent de perturber le quotidien de millions de personnes dans le monde.

En parallèle de leur stratégie vaccinale, les autorités assouplissent les règles avec la plus grande prudence pour éviter une flambée du nombre de cas. Comment les mesures évoluent-elles? Des chercheurs de l'université d'Oxford ont développé un score, allant de 0 à 100, pour comparer les décisions politiques des pays face à la pandémie.

Evaluation du niveau des restrictions au cours du temps

Evolution de la valeur de l’Oxford Stringency Index, qui permet de comparer, sur une échelle de 1 à 100, les mesures à l’aide de 20 indicateurs, comme la fermeture des écoles, les restrictions de déplacement ou encore le télétravail obligatoire.

Ces mesures ne sont pas toujours en lien avec la baisse de circulation du virus ou du nombre d'hospitalisations. Mais elles ont un effet certain sur les contaminations, et donc les décès. Sachant que la vaccination tend à produire un relâchement sur le respect des mesures barrières au sein de la population, montre une étude parue dans The Lancet. A ce stade, porter le masque et garder ses distances est plus efficace que la vaccination, prouvent des chercheurs italiens dans Nature. Il ne faudrait donc pas que les restrictions soient trop vite levées, selon eux. On voit que de ce point de vue-là, les Etats prennent tous des décisions différentes.

Malgré un taux élevé de vaccination, le plan de déconfinement annoncé par le Royaume-Uni se joue en plusieurs longues étapes, la dernière intervenant au plus tôt le 21 juin. Au Danemark, 18% de la population a reçu au moins une dose, mais dès le 21 avril, une partie des quarantaines pour les voyageurs arrivant dans le pays seront allégées. Tandis qu'en Israël, le port du masque n'est plus obligatoire à l'extérieur.

L'équipe d'Oxford ne collecte actuellement aucune donnée infranationale, ce qui signifie que l'indice ne rend pas parfaitement compte des mesures locales dans les grands pays ou les pays fédéraux, comme la Suisse qui affichait le 18 avril un score d'environ 60.

A consulter également:

Infographies: Florian Fischbacher / Mise en page et textes: Florian Delafoi

Textes: Marie Maurisse / Coordination: Xavier Filliez