Les marchés restent insensibles aux menaces nord-coréennes. Pourtant, ils n'ont jamais aimé les crises géopolitiques. A chaque épisode, les investisseurs ont eu pour premier réflexe de se délester d'une partie de leurs actifs les plus risqués, comme les actions.
Un conflit armé entre la Corée du Nord et les Etats-Unis, alliés à la Corée du Sud, n'est pas un scénario viable. Du moins, c'est ce que pensent pour l'instant les investisseurs. En dépit des provocations de plus en plus régulières et affirmées de Pyongyang, les marchés financiers restent sereins. Aucune vente massive à signaler. Aucun mouvement notable vers les traditionnelles valeurs refuges, comme le franc suisse. A peine le cours de l'or en a-t-il profité.
Cette absence de nervosité est rare. Historiquement, les marchés actions ont toujours répondu négativement à ce genre de tensions géopolitiques. C'est ce que démontre une étude publiée par Deutsche Bank. La banque allemande a analysé la réaction de l'indice S&P 500 (qui regroupe les 500 plus grandes capitalisations boursières américaines) à toutes sortes de crises depuis 1939, notamment les conflits armés.
Cette compilation montre que l’indice S&P 500 a, en moyenne, reculé de 5,7%. Qu'il lui a fallu trois semaines pour atteindre son point le plus bas et trois autres semaines pour retrouver son niveau d’avant-crise. Mais ce n'est qu'une moyenne imparfaite.
Texte: Servan Peca | Graphique: Jean Abbiateci | Données: Deutsche Bank